01 décembre 2012

Pour Anne

Pégase Qui aurait cru qu’on pourrait voir un géant manger un esquimau au chocolat avec un grand sourire aux lèvres? Ioannos sait qu’il a peut-être l’air ridicule et qu’un petit garçon est en train de loucher sur sa glace, il s’en moque. Cela va faire deux heures qu’il n’a rien avalé et son estomac cri famine. Et puis, de toute façon, le ridicule ne tue pas et l’envie du petit garçon va bientôt être assouvie par une mamie gentille et attentionnée avec son petit fils de cinq ans tout au plus. Affaire classée. Alors, tout va bien. Tout va toujours bien pour lui de toute façon, même quand il se retrouve avec une balle dans l’omoplate alors qu’il allait chercher ses grands-parents au Pirée à Pâques dernier. Rhodes, ce n’est pas la porte à côté et le port est très bien desservi. Yaya n’aime pas le taxi et Pappoús prends toujours trop de choses. Traduction du langage de sa mère, Ioannos, va  chercher tes grands parents par le métro à 5 heures du matin alors qu’il n’y a personne dans les rues et que tout le monde ou presque est dans son lit. Merci Mama. Il n’a pas pu bouger l’épaule pendant un mois. Un mois cloué au sol, mais cela relève du secret et personne n’est au courant. Enfin il le pensait. Continuons. La vie a continué son cours, l’enquête n’avait rien donné, mais cela n’a étonné personne, comme si on pouvait faire confiance à la police. Puis le délire a recommencé, il explose à lui tout seul la moyenne des accidents de voiture/piéton en un an sur la ville d’Athènes. Il y a des fois où il s’en est sortie miraculeusement (pour les policiers, pas pour lui, il a fini par comprendre que tout se passe suffisamment vite dans un accident pour sauver sa peau en quelques secondes)  Puis cela a cessé. Brusquement, sans autre forme de procès. Il ne savait pas pourquoi on lui en voulait ni pourquoi cela s‘était brusquement arrêter. Intriguant.

 

            Suçant le bâton de l’esquimau, le jeune grec regarde autour de lui. Il est à Paris, au jardin du Luxembourg parce qu’il a rendez-vous. Avec qui? Grand mystère. Tout ce qu’il sait, c’est que la personne qui va se pointer aura surement réponse à la flopée de questions qu’il se pose. Parce qu’il est quand même censé avoir fugué pour venir jusqu’ici. Il va le sentir passer en rentrant chez lui. S’il s’arrange pour être rentrer pour la rentrée des classes prochaines, ce sera le mieux. Sinon, tant pis. Le retour fera encore plus mal, Mama sera terrible. Bam s’en fiche. Tant que son fils a son bac à la fin de l’année, il ne se pose pas de question. Ils ont deux visions différentes des choses et Ioannos a appris à s’adapter, petit à petit. Puis la règle s’est appliquée à tout le monde. Tout tester pour mieux réagir. Etre adulte ou paraitre enfant ? Un peu de manipulation donc mais rien de bien méchant. Juste histoire de tirer certains avantages de la situation sans pour autant la contrôler. Le contrôle ne l’intéresse pas. Et ne l’intéressera probablement jamais. Il se dit trop stupide pour avoir ce genre de raisonnement.  Triturer son pauvre cerveaux plus qu’il n’en n’est nécessaire, jamais de la vie. Soyons paresseux

 

            Ioannos dépose le bâtonnet de bois dans une corbeille et cherche des yeux un autre endroit pour se trouver à manger. Il a faim, il s’est payé deux milles kilomètres avec une escale en Italie, en Sicile, il était apparemment partit trop bas. Il s’est donc installé dans un champ en bords de route en pleine nuit, dépliant sa carte de l’Europe et y griffonnant au stylo son itinéraire. Il avait fini par sortir sa boussole, se disant que la prochaine fois, il demandera qu’on lui offre  un GPS. Ou alors, il aurait peut-être dû suivre les routes déjà dessiné au sol, comme les pigeons. Il aurait aussi pu prendre l’avion avec le faux passeport et le billet joint dans l’invitation. Mais il ne le sentait pas trop. Autant assurer ses arrières en prenant le « way of sky » en qui il a une parfaite confiance. Le jeune homme caresse ses cheveux bruns, ferme ses yeux bleus et s’étire tout du long de sa grande personne. Il est vrai qu’il est grand, du haut de son mètre quatre-vingt-dix.  Et il parait qu’il n’a pas fini sa croissance. Il rit doucement. Les choses faites sont faites. Maintenant, il faut rêver au jour d’ailleurs, n’Est-ce pas carton ? 

Posté par Mitsukane à 01:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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